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Rektorats Reden © Prof. Schwinges

DISCOURS DE M. ED. BÉGUELIN

Monsieur le Président du Conseil d'Etat et Messieurs les Conseillers d'Etat, Messieurs les Professeurs, Messieurs les Etudiants et Mesdames les Etudiantes, Mesdames et Messieurs,

Toutes les gloires de ce monde étant périssables, il est naturel que la magnificence d'un Recteur soit éphémère. J'ai reçu, il y a deux ans, l'investiture de ces fonctions de M. le Dr Châtelain qui les avait exercées de manière qu'on eût aimé les lui voir conserver toujours; aujourd'hui, rentré dans l'ombre et dans le rang, mon tour est venu de m'en démettre. Je le fais avec le seul regret de n'avoir pu, malgré toute ma bonne volonté, mériter mieux la confiance dont mes collègues avaient bien voulu m'honorer et celle des autorités à qui elle me recommandait; mais je ne leur en ai que plus d'obligations, et ce m'est avant toute autre chose un très agréable devoir que de leur exprimer publiquement ici toute ma reconnaissance.

Je remercie d'abord nos autorités exécutives, Conseil d'Etat et Département de l'Instruction publique, non seulement de leur intérêt pour l'Université, à laquelle ils en ont donné, à plusieurs reprises, des marques dont la dureté des temps lui permet de mieux mesurer le prix, mais aussi de la bienveillance que, par une suite heureuse de cet intérêt, elles m'ont constamment

témoignée et que je n'ai pu éprouver, à chaque occasion, dans mon office, sans la ressentir indirectement dans ma personne.

Je dois aussi à mes collègues une profonde gratitude. M'ayant mis à l'honneur, ils n'ont pas voulu, dans la mesure où cela dépendait d'eux, que je fusse à la peine; ils n'ignoraient pas combien j'avais besoin de leur indulgence, et elle a été de tous les instants; ils m'ont soutenu de leur appui, aidé de leurs conseils et entouré de prévenances. Leur collaboration au cours de multiples entretiens, celle du Secrétariat dans l'accomplissement de la tâche de chaque jour, celle du Sénat, des Commissions, des Facultés ont fait le meilleur de mon travail et rendu plus léger, en le divisant, le poids des responsabilités. Comme il pourrait vous plaire, trop généreusement, mes chers collègues, de ne pas vous rappeler tout ce que vous m'avez ainsi donné, permettez. moi de m'en souvenir. Ce sont choses qu'on n'oublie pas, lorsqu'on les a reçues, parce qu'elles s'inscrivent dans le coeur.

Et sans nul doute, s'il suffisait de cette coordination de toutes les volontés, également appliquées à coopérer au bon renom de l'Université pour lui gagner toujours plus l'affection du pays, si le succès récompensait toujours l'effort, j'aurais aujourd'hui la joie de proclamer l'accomplissement du programme que nous traçait, il y a deux ans, dans un intérêt général, le souci d'améliorer notre organisation et d'assurer à l'Université une existence plus large et plus utile par le développement nécessaire ou le perfectionnement de ses moyens d'action,

Mais l'homme propose plus qu'il ne dispose, et ce programme n'a pas été intégralement exécuté. Il faut donc savoir se contenter de ce qui a été fait; il convient même de s'en féliciter. C'est ainsi qu'il existe dorénavant un Fonds de retraite des professeurs de l'Université, oeuvre de prévoyance excellente, qui établit entre eux un lien nouveau de solidarité; un bienfaiteur, que son anonymat ne soustrait pas à notre reconnaissance, a fait généreusement les frais du capital de dotation qui ne demande qu'à croître.

C'est ainsi que, dans un autre domaine, non moins important, puisqu'il s'agit des études elles-mêmes, plusieurs progrès ont pu être réalisés grâce à l'appui bienveillant de nos autorités; une chaire d'ethnographie a été créée, les enseignements des sciences commerciales, de la chimie physique et de la géologie ont été renforcés. Tout récemment encore, le Conseil d'Etat, avec une bonne grâce dont nous ne saurions trop le remercier, a pris diverses mesures qui ont permis à l'Université de retenir, en dépit de l'appel flatteur d'une université voisine, M. le professeur Argand dans la chaire d'Agassiz, de Desor, de Jaccard et de Léon DuPasquier. Qu'il me soit permis de dire à. notre savant collègue combien nous en sommes heureux.

Voilà incontestablement, Mesdames et Messieurs, dans le bilan de ces deux dernières années, quelques gains dûment réalisés, de ceux que dans le langage du droit, on pourrait appeler du lucrum emergens. Et voici d'autre part, sur la page du lucrum cessans, et sans parler de plusieurs enseignements qui attendent encore leur consécration ou certains développements, le compte en raccourci de quelques-uns de nos espoirs déçus.

L'Université, héritière de l'Académie, célébrera en 1916 le cinquantenaire du rétablissement de l'enseignement supérieur dans le canton de Neuchâtel. Nous espérions qu'à cette occasion la Faculté des sciences, qui rêve de murs de prison dans ses locaux trop exigus, pourrait recevoir enfin les installations nouvelles qu'elle réclame depuis nombre d'années et qui sont pour elle une condition indispensable, non pas de prospérité seulement, mais de vie. Cet espoir, ou plus exactement l'espoir de cette occasion doit être abandonné, de même que celui d'une publication jubilaire par laquelle l'Université se flattait de reconnaître de la manière la plus conforme à ce qu'on est en droit d'attendre de son activité, la confiance que mettent en elle les autorités et le peuple neuchâtelois.

Nous espérions aussi, soucieux de procurer à nos étudiants

certains avantages qu'ils trouveraient presque partout ailleurs, leur ouvrir l'accès dès le dernier semestre d'hiver, de deux institutions nouvelles fondées l'une et l'autre, comme le Fonds de retraite des professeurs, sur le principe de la solidarité, et qui leur rendraient de grands services. Une Salle de journaux et de revues, d'une part, serait pour eux un précieux instrument de travail et de récréation, et contribuerait à l'accroissement si désirable des collections de notre bibliothèque. Une Caisse d'assurance des étudiants, d'autre part, leur garantirait à tous, moyennant une contribution semestrielle extrêmement modique (et quelle sécurité cela ne donnerait-il pas à ceux qui sont éloignés de leur patrie ou de leur famille!) les soins et secours nécessaires en cas de maladie ou d'accident. Les règlements qu'il faudrait pour réaliser, d'un semestre à l'autre, ce double progrès ont été élaborés; l'un d'eux a même reçu la sanction du Conseil d'Etat. Mais il reste à les mettre à exécution. Il reste aussi à prendre certaines mesures pour que soit organisée sur une base solide, dans un esprit moins étroit et plus sérieux, l'Union générale des étudiants qui, reléguée à l'écart et fâcheusement délaissée, n'a pas encore une vision assez nette de sa mission et des services très réels qu'elle est appelée à rendre. On a trop souvent le tort, en particulier, de n'y voir qu'une sorte de doublure du Comité international qui, lui, parfaitement conscient de son but plus spécial, s'applique avec beaucoup de zèle et de dévouement, à défaut, chez nous, des institutions officielles ou officieuses auxquelles cette tâche est dévolue ailleurs, de l'oeuvre, si digne d'intérêt, du patronage des étudiants étrangers ou, pour parler plus vrai, de tous ceux qui venus d'ailleurs, Suisses ou étrangers, ne sont, à Neuchâtel, que les hôtes passagers de l'Université.

Ce sont là, Mesdames et Messieurs, dans notre programme d'hier, quelques articles importants qui, n'ayant pu être liquidés, se trouvent automatiquement reportés à nouveau dans notre

programme de demain et qui éveilleront, à n'en pas douter, dès que les circonstances le permettront, la sollicitude du nouveau Recteur.

Il voudra bien reconnaître, en attendant, que, s'il a fallu surseoir à la réalisation de ces progrès, les autorités de qui elle dépend ne sauraient encourir, du fait de ce retard, aucun reproche.

La guerre a éclaté comme un coup de tonnerre. Certes, depuis si longtemps les nuages s'amoncelaient à l'horizon d'un ciel d'airain que l'on pouvait et qu'on aurait dû la prévoir; mais, sauf pour ceux qui l'ont préparée et déchaînée, et qui en porteront la responsabilité devant l'histoire, elle a été une surprise: tant l'insouciance est grande parmi les hommes!

Certes aussi on savait bien que, disposant de toutes les ressources des peuples, de tous les progrès de la technique et de toutes les découvertes de la science moderne, cette guerre serait un cataclysme effroyable; mais ceux que des études spéciales n'avaient pas familiarisés avec certaines idées, ou qui ne croyaient pas à leur force de pénétration, et même ceux qui y croyaient, ne se représentaient pas une pareille faillite de la morale, de la justice et du droit, un pareil naufrage du christianisme, dela civilisation et de l'humanité. On s'est trop reposé sur la foi des traités internationaux, de ces traités qui placent, même dans les cas qu'ils ne réglementent pas, les populations et les belligérants sous la sauvegarde et sous l'empire des principes du droit des gens, tels qu'ils résultent des usages établis entre nations civilisées, des lois de l'humanité et des exigences de la conscience publique; on a trop cru à l'inviolabilité du territoire des puissances neutres et à beaucoup d'autres règles solennellement proclamées à la face du monde.

Hélas! Mesdames et Messieurs, comme il faut déchanter! Ce qui devait arriver est arrivé, — et même ce qui aurait dû ne pas arriver. Depuis plus d'un an, systématiquement, infatigablement

et implacablement, la guerre poursuit son oeuvre. Nul ne sait quand elle finira, nul ne peut en mesurer les conséquences. Et, comme par une revanche, insuffisamment prévue elle aussi, de solidarité humaine, ces conséquences ne sont pas moins incommensurables pour les Etats neutres que pour les belligérants. Déjà ils les subissent, et il n'est pas jusqu'à leurs universités que la guerre ne mette aux prises avec des difficultés et qu'elle n'appelle à des devoirs nouveaux. La nôtre a eu le privilège de pouvoir en remplir quelques-uns, sans bruit, comme il convient: elle a fait, chez nous, ce qu'elle a pu en faveur des victimes de la crise économique; elle s'est associée à l'OEuvre interuniversitaire suisse des étudiants prisonniers; elle a envoyé un message de sympathie à la malheureuse université de Louvain qui n'a plus ni maison, ni élèves, ni bibliothèque, et dont les maitres errent, infortunés, sur les chemins d'exil.

Plus favorisée sans l'avoir mérité davantage, notre Université a poursuivi le cours de ses leçons et, si elle a vu diminuer sen~iblement le nombre de ses étudiants, elle n'en éprouve nulle inquiétude, puisque ceux qui l'ont quittée n'ont déserté leur travail parmi nous que pour aller remplir, sous les drapeaux, un autre devoir plus impérieux et plus haut. Etrangers ou nationaux, ils étaient tous de notre maison; le même lien qui nous les rattachait les rapprochait les uns des autres, dans une région supérieure aux différences de langues, de classe et même de race: tous avaient le même désir de science, le même besoin de vérité. Chacun d'eux a emporté notre estime, notre sympathie et nos voeux. Mais il en est, comment ne le dirais-je pas, dont nous nous sommes séparés avec une émotion particulière et plus poignante: ce sont ceux qui, répondant à l'appel de la Suisse, sans haine, sans peur et sans reproche, sont partis pour couvrir nos frontières. L'Université est fière de participer, grâce à eux, à cette veillée d'armes et chacun comprendra qu'elle ait à coeur aujourd'hui —n'ayant pas eu l'occasion de le faire plus

tôt — de saluer en eux, dans les sentiments de confiance et de reconnaissance qu'elle lui inspire, l'Armée, gardienne de notre sol et de notre indépendance. Ce n'est pas un vulgaire destin qui les arrache à leurs études, puisqu'il leur est ainsi donné, avant même que de les avoir achevées, de faire, en marchant dans les voies du sacrifice, à la bonne école de l'endurance et de la discipline, leur apprentissage de la vie. Cette école en vaut une autre; elle fait les hommes de volonté, de décision et d'action: ainsi, elle est utile à la Science, qui est un long effort, et n'a pas moins besoin de ces qualités que de celles de l'intelligence; surtout, elle est nécessaire à la Patrie. Jamais assez on ne maudira la guerre! Mais plus que jamais, hélas! la Paix, la Paix perpétuelle rêvée par Kant à une époque où sa pensée suffisait à la gloire de son pays, est une noble utopie. Plus que jamais, dans les circonstances actuelles de l'humanité, de l'Europe en particulier, on ne saurait faire à outrance de ce sentimentalisme que d'aucuns se vantent de désapprendre. Plus que jamais, «tout peuple, même le plus pacifique, tout peuple qui ne veut pas être l'artisan de sa défaite, en même temps que le complice de l'iniquité triomphante, doit prendre les mesures nécessaires, en vue des éventualités possibles, être toujours prêt à défendre, les armes à la main, l'intégrité de son territoire. A certaines heures, le mal suprême, ce n'est pas la guerre, malgré ses horreurs, c'est la paix honteuse, où l'on sacrifie au bien-être sa dignité et son honneur.»

Ces paroles, Mesdames et Messieurs, ne sont d'aujourd'hui que parce qu'elles sont de tous les temps; avant que je les rappelasse dans cette chaire, elles avaient jailli dans une autre, devant la Société pastorale suisse réunie à Neuchâtel le 8 septembre 1908, et j'ai l'honneur, Messieurs les étudiants, en la personne de celui qui les prononçait alors de vous présenter le nouveau Recteur de l'Université, M. le professeur Emile Dumont. Bien que cette présentation soit prescrite par le règlement, personne

ne se dissimulera, je pense, qu'en l'espèce on pourrait s'en passer. Qui parmi vous? qui parmi nous, Mesdames et Messieurs, ne connaît déjà. M. Dumont? Il est de notre pays et il y est né; il a été nourri de l'enseignement démocratique de nos écoles; il a reçu en particulier, et il aime à s'en souvenir, les fortes leçons de Frédéric Godet; il est licencié de notre Faculté de théologie; il appartient depuis quarante-un ans à l'Eglise neuchâteloise et il ne l'a pas servie dans moins de cinq des districts de notre canton. C'est en 1874, en effet, en pleine crise ecclésiastique, que revenant d'Allemagne, après y avoir suivi les cours de Luthardt et de Delitzch à Leipzig et, à Tubingue, ceux de Jean Tobie Beck, il fut consacré au saint ministère.

Je sais trop bien que l'humilité est une vertu évangélique, et combien elle rehausse le prix des autres, et que plus grande elle est moins il convient de troubler le silence dont elle s'enveloppe, pour que je me permette d'aller à la Brévine, à Bevaix, à Fleurier, à Cornaux, ailleurs encore, interroger une vocation qui est parmi les plus belles et que M. Dumont a partout exercée en se proposant d'être ouvrier avec Dieu et serviteur de l'Eternel pour annoncer la Justice selon la Vérité.

Ce que je puis bien dire par contre, c'est que cette oeuvre n'a pas été bonne que par son influence immédiate, puisque nous la voyons, en quelque sorte, se transposer encore chaque jour (et d'une manière si attachante) dans une des chaires de notre Université.

Pour autant qu'il est permis à un profane d'en juger, et bien qu'il faille se garder de confondre la religion et la théologie, les expériences du ministère évangélique, si lourd parfois de tout le poids des tristesses humaines, si rempli aussi de joies et de bénédictions, ne peuvent que profiter à l'enseignement dans toutes les branches de la théologie; elles sont un apport indispensable dans celui de la théologie pastorale, de la catéchétique et de l'homilétique, et comme la substance vivante de ces

disciplines. Et lorsque ces expériences se complètent elles-mêmes de qualités plus rares qui devraient toujours en être inséparables, lorsqu'elles s'allient à des convictions profondes, à l'aménité et à la bienveillance sans lesquelles il n'est pas de vraie bonté, à l'autorité du caractère et au prestige de l'éloquence, combien ne serait-il pas regrettable que, riche de tant de dons, l'homme qui les a reçus ne Mt pas appelé à les faire fructifier, tels les talents de la Parabole, le plus possible et à les dépenser aussi dans l'instruction de la jeunesse studieuse? Pourtant, il fallut faire violence à tous les scrupules de la modestie pour obliger M. Dumont à accepter en 1899 la chaire de théologie pratique devenue vacante par l'entrée au Conseil d'Etat de M. Ed. Quartier-la-Tente.

Depuis lors M. Dumont appartient à l'Université, qui s'en félicite, et qu'il honore par son enseignement et ses publications. Versé dans l'histoire de la prédication, formé par le commerce des grands orateurs de la chaire chrétienne, toujours également soucieux à leur exemple de la forme et du fond, il est lui-même pour ses étudiants (et pour d'autres) un prédicateur modèle; patiemment, il les initie à l'art, si difficile, de faire un bon sermon et prodigue à leur inexpérience les conseils pratiques qui sont la meilleure préparation aux divers offices de la vie pastorale; paternellement il les exhorte, il les soutient, il les redresse. Il a été à plusieurs reprises Doyen de la Faculté de théologie. Il est un des rédacteurs du journal l'Eglise nationale auquel il collabore dans un esprit de modération qu'on ne saurait trop louer; il y publie des études et méditations qui le maintiennent en contact avec ses anciens paroissiens et qui lui font partout de nouveaux amis.

Mesdames et Messieurs! La Vérité est; rien ne peut empêcher qu'elle soit. Mais il n'est pas toujours facile de l'accepter et de la faire accepter. Qu'on me permette, à ce propos, de rappeler cet admirable rapport que M. Dumont présentait en 1897 au Colloque

des pasteurs nationaux de la Suisse romande sur les conditions de l'enseignement religieux dans les écoles de ce pays. «Je ne dissimule, écrivait-il, ni le trouble que la critique moderne a jeté dans mon âme, ni les inquiétudes que m'inspirent parfois encore certains des résultats auxquels elle arrive. Mais, dans une question aussi grave, il ne s'agit pas d'obéir à des impressions, il s'agit d'obéir à la vérité quelle qu'elle soit. Si certains résultats de cette critique sont acquis, j'en appelle à toute conscience droite, n'est-ce pas un devoir de s'incliner et de refaire sa théologie?» Refaire sa théologie! N'est-ce pas là un de ces mots qui bondissent hors de leur cadre et dont l'empire s'étend beaucoup plus loin que la formule? Refaire sa théologie! Mais, cela ne regarde pas seulement la théologie, car cela veut dire qu'après n'avoir rien avancé qu'on ne croie vrai, on a le devoir (et ce devoir est celui de tout homme) de soumettre constamment au contrôle le plus rigoureux l'objet et le travail de sa pensée, et de rétracter toute erreur qu'on découvre, immédiatement, intégralement, fût-ce en bouleversant, dans la détresse de son coeur, l'oeuvre de toute une vie, qu'il faudra reconstruire ensuite, à la sueur de son front, sur un roc plus solide.

Refaire sa théologie! Quelle parole à méditer et quel exemple à imiter! Messieurs les étudiants de toutes les facultés, je vous les livre et vous me saurez gré, je n'en doute pas, de les avoir empruntés à votre nouveau Recteur pour vous le présenter.

Ce nouveau Recteur, Messieurs les professeurs, nous nous le sommes donné à l'unanimité, et nous savons pourquoi. Je suis donc un interprète assuré de votre pensée et de vos sentiments, en le priant d'agréer notre très cordial souhait de bienvenue.

Mesdames et Messieurs! Le temple de Cornaux au temps où M. le pasteur Dumont y prêchait, devint trop petit par l'affluence des fidèles, et il fut restauré par ses soins. Puisse semblablement

son Rectorat apporter à l'Université, à la faveur de la Paix rétablie, les agrandissements et développements qui lui sont nécessaires parce que la vie est en elle.

Je donne la parole à M. le professeur Emile Dumont, Recteur de l'Université pour la période 1915 à 1917.