reden.arpa-docs.ch
Rektorats Reden © Prof. Schwinges

Allocution du professeur Jean Guinand

recteur
Mesdames et Messieurs,

L'équipe rectorale actuellement en fonction est arrivée à la moitié de son mandat. Il y a deux ans, la charge de l'Université lui était confiée; dans deux ans, elle remettra son mandat à une nouvelle équipe.

Mais si le mandat du rectorat est de quatre ans, celui des doyens des facultés est de deux ans. Il y a ainsi en ce début d'année universitaire quatre nouveaux doyens que je voudrais vous présenter: M. Philippe Marguerat, doyen de la Faculté des lettres, professeur d'histoire générale et contemporaine, M. François Sigrist, doyen de la Faculté des sciences, professeur de mathématiques, M. Denis Maillat, doyen de la Faculté de droit et des sciences économiques, professeur d'économie régionale et de démographie, et M. Pierre-Luigi Dubied, doyen de la Faculté de théologie, professeur de théologie pratique. Nous leur souhaitons un fructueux mandat et nous ne doutons pas qu'ils sauront, comme leurs prédécesseurs, agir dans l'intérêt à la fois de leur faculté et de celui de l'ensemble de l'Université. C'est d'ailleurs pour nous l'occasion d'exprimer publiquement notre gratitude aux doyens qui nous ont accompagnés dans ces deux premières années de rectorat, les professeurs Pierre Centlivres, Hans Beck, François Knoepfler et Jean Zumstein, avec lesquels il fut aisé de travailler.

Enfin, comme chaque année, la présidence du Sénat a changé. Succédant au professeur Jean-Blaise Grize, le professeur Werner Sörensen, ancien recteur, présidera aux destinées du Sénat au cours de l'année universitaire 1985-1986. Nous sommes heureux de pouvoir le saluer ici. Sept de nos collègues viennent de bénéficier de la retraite. Nous en prenons aujourd'hui officiellement congé. Il s'agit de MM. Roger Bader, professeur de mathématiques, Pierre Banderet, professeur d'analyse numérique et de traitement de l'information, André Burger, professeur d'hydrogéologie, Fernand Brunner, professeur d'histoire de la philosophie,

Remo Fasani, professeur de langue et littérature italiennes, Louis-Edouard Roulet, professeur d'histoire nationale et générale, et Rodolphe Zellweger, professeur de langue et littérature allemandes. Ces collègues nous quittent après de nombreuses années passées dans notre université. Au cours d'une cérémonie présidée par le chef du Département de l'instruction publique, les doyens des facultés auxquelles ils appartiennent ont rappelé leurs travaux et leur carrière et en ont souligné toute l'importance. Nous leur adressons ici la profonde gratitude de l'Université.

Si d'aucuns nous quittent, d'autres prennent le relais. Nous pouvons ainsi adresser aujourd'hui une cordiale bienvenue aux nouveaux professeurs: M. Jean Borie, professeur ordinaire de littérature française, M. Giovanni Cappello, professeur ordinaire de langue et littérature italiennes, M. Yadolah Dodge, professeur ordinaire de statistique appliquée aux sciences économiques et sociales, M. Philippe Henry, professeur ordinaire d'histoire nationale, M. David Morris, professeur extraordinaire de science des matériaux, M. Anton Näf, professeur ordinaire de langue allemande, M. Hans-Heinrich Nägeli, professeur ordinaire d'informatique, M. Guido Pult, professeur extraordinaire d'économie théorique, M. Jacques Rappaz, professeur ordinaire de mathématiques, et M. François Zwahlen, professeur ordinaire d'hydrogéologie.

Nos voeux s'adressent également à tous nos nouveaux collaborateurs, qu'ils soient scientifiques, techniques ou administratifs.

Je dois hélas mentionner encore avec tristesse le décès, survenu récemment, de M. Jean-Samuel Margot, chef technique à l'institut de physique. L'Université, et plus spécialement l'institut auquel il vouait ses services garderont de lui un souvenir ému.

Après deux années de rectorat, nous serions tentés de faire un premier bilan. Nous y renoncerons, comme nous renoncerons également à vous dire par le menu ce que fut l'année universitaire écoulée. Les Annales de l'Université qui paraîtront prochainement vous apporteront sur ce point toutes les informations que vous pourriez désirer.

Nous préférons aujourd'hui vous entretenir de deux questions dont le rectorat aura à se préoccuper durant ces deux prochaines années. II s'agit des locaux universitaires et du plan de développement 1988-1991.

S'agissant des locaux universitaires, nous voudrions vous faire part de notre satisfaction et de notre espoir.

Notre satisfaction d'abord à l'égard des réalisations qui sont en cours et que nous célébrerons avec solennité lors du Dies academicus de l'année prochaine.

La construction, sur les Jeunes Rives, du nouveau bâtiment destiné à la Faculté des lettres s'achèvera dans le premier semestre de l'année 1986. Depuis quinze jours maintenant, nous disposons d'ailleurs déjà de trois nouvelles salles d'enseignement. Au printemps prochain, la Faculté des lettres pourra prendre possession de sa nouvelle demeure. Si nos collègues en sont encore pour l'instant à s'inquiéter de la place qui leur sera réservée et des modalités de leur déménagement, nous sommes convaincus qu'ils sauront rapidement apprécier les excellentes conditions de travail que le nouveau bâtiment leur apportera. Quant à l'aula de 450 places, qui fait partie du complexe des bâtiments en construction, il permettra à l'Université d'organiser et d'accueillir manifestations et congrès universitaires d'envergure.

L'installation de la Faculté des lettres sur les Jeunes Rives entraînera un certain nombre de réactions en chaîne: l'immeuble de l'avenue DuPeyrou 6, propriété de l'Université, et qui abrite actuellement le Séminaire de philologie classique, pourra, après réfections, être mis à la disposition du Glossaire des patois romands et du Centre de dialectologie, qui quitteront les locaux qu'ils occupent dans le bâtiment situé au faubourg de l'Hôpital 41. Cet immeuble, propriété de la Fondation du Foyer des étudiants, accueillera la Faculté de théologie, jusqu'ici logée au sous-sol de l'avenue du 1er-Mars 26. On en profitera pour y installer également la Bibliothèque des Pasteurs et réaliser ainsi un regroupement particulièrement opportun. Quant à l'immeuble de l'avenue du 1er-Mars 26, il continuera à servir de point central, puisque ses nombreuses salles de cours continueront à être utilisées par diverses facultés, Les locaux libérés par la Faculté de théologie et par la Faculté des lettres permettront, après quelques rafraîchissements et aménagements, à la division juridique d'occuper toute la partie est de l'immeuble, d'une part, et au Séminaire de français moderne et aux services de l'administration centrale de retrouver quelque espace, d'autre part.

Deux autres réalisations s'achèveront également en 1986. Il s'agit tout d'abord des travaux réalisés au Musée d'ethnographie pour l'institut d'ethnologie. L'Etat et la Ville de Neuchâtel signeront prochainement une convention à cet effet. Il s'agit enfin du regroupement de l'institut de microtechnique dans l'aile ouest du bâtiment du LSRH, regroupement rendu nécessaire par le développement du CSEM et possible grâce au crédit récemment voté par le Grand Conseil à cet effet.

L'achèvement de ces travaux marquera une étape importante dans l'effort que les pouvoirs publics et le peuple neuchâtelois ont consenti pour permettre à notre université de disposer des locaux dont elle a besoin.

Notre espoir dès lors réside dans la volonté du canton de Neuchâtel de poursuivre cet effort. Il est indéniable en effet que l'achèvement des réalisations prérappelées mettra davantage en évidence les conditions difficiles dans lesquelles travaillent certains instituts de la Faculté des sciences dans les bâtiments situés sur ta colline du Mail. C'est pourquoi nous sommes particulièrement reconnaissants au Conseil d'Etat et au Département de I'instruction publique de nous avoir autorisé à organiser un concours d'architecture en vue de l'agrandissement et de la restructuration des bâtiments de la Faculté des sciences au Mail. A l'exception, bien entendu, du bâtiment de l'Institut de chimie et de métallurgie structurale, remis à neuf récemment à la suite d'un incendie.

Ce concours a été lancé en avril de cette année. Il se déroule en deux étapes. Une première étape est destinée à définir les possibilités architecturales optimales du périmètre universitaire du Mail sous forme d'un plan directeur. Trente-quatre architectes du canton de Neuchâtel se sont inscrits pour participer à ce concours. Vingt-six d'entre eux ont soumis un projet au jury du concours. Ce dernier a siégé durant trois jours cette semaine. L'anonymat des concurrents et, par conséquent, le caractère confidentiel de la procédure de jugement ne me permettent pas de vous donner aujourd'hui de plus amples informations. Je me bornerai à relever combien les projets présentés font ressortir à la fois la nécessité d'entreprendre des travaux d'agrandissement et de restructuration et la difficulté de réalisation d'une telle entreprise. Conformément au règlement du concours, le jury a sélectionné un certain nombre de projets, sans les classer entre eux, et va maintenant demander, dans une seconde phase, aux concurrents retenus — qui resteront anonymes jusqu'à la fin de la procédure de concours —d'étudier, dans le cadre du plan directeur proposé, un projet de construction correspondant au programme défini et répondant aux besoins en locaux et équipements des instituts universitaires du Mail. C'est au cours du second trimestre de 1986 que le jury du concours se prononcera sur les projets qui lui seront soumis et que seront alors rendus publics tes projets présentés par les vingt-six architectes ayant participé au concours. Notre espoir est donc grand de pouvoir disposer d'un projet convaincant et réalisable.

L'élaboration du plan de développement 1988-1991 s'inscrit dans la procédure de planification mise en place par la Conférence universitaire suisse. C'est la deuxième fois qu'une telle démarche est entreprise simultanément dans toutes les universités et hautes écoles de Suisse.

Cet exercice de planification est certes diversement apprécié. D'aucuns l'estiment inutile, paperassier, technocratique, à

tout le moins rébarbatif. D'autres en profitent pour établir des listes de revendications. Certains enfin s'en désintéressent complètement.

Le rectorat est conscient de l'agacement bien compréhensible que l'établissement d'un plan quadriennal peut engendrer. Il estime cependant que l'obligation qui est ainsi faite à la communauté universitaire de faire tous les quatre ans le bilan de ses activités devrait avoir un effet stimulant. Elle devrait nous conduire à nous interroger régulièrement sur le devenir de notre institution, Il est d'ailleurs symptomatique que cette réflexion intervienne au moment où beaucoup s'interrogent. En Suisse, les écoles polytechniques fédérales viennent de rendre publique l'étude d'optimisation et de conception qu'elles avaient sollicitée. En France et en Allemagne, deux livres viennent d'être publiés sous des titres évocateurs: «L'Université peut mieux faire», par l'ancien président de l'Université de Paris Dauphine, «Universitäten können besser sein», étude menée en Grande-Bretagne, en Suisse, aux Etats-Unis et en République fédérale sur la fonction et les structures de l'Université.

Dans le cadre de la planification en cours, il s'agira donc pour nous d'imaginer ce que devrait être l'Université de Neuchâtel des années nonante. Et il nous paraît que cet effort d'imagination doit porter essentiellement sur les trois rôles qui sont aujourd'hui ceux de l'Université, à savoir: l'enseignement, la recherche et les services.

S'agissant de l'enseignement, notre réflexion devra porter sur les titres de formation que notre université doit offrir, sur l'évolution prévisible du nombre de ses étudiants et sur le rôle que nous devrons jouer dans ce que l'on appelle «la formation permanente».

Pour une petite université comme la nôtre, nous pensons qu'il convient de ne pas multiplier les offres de formation, mais qu'il faut davantage miser sur la qualité de l'enseignement que nous proposons et sur la valeur des titres que nous délivrons. La qualité implique de bons professeurs, un encadrement efficace et des conditions de travail (locaux d'enseignement, laboratoires, bibliothèques, appareils) adaptées. Notre université dispose de ces atouts. La valeur des titres que nous délivrons implique de sévères exigences. Nous ne doutons pas que nos étudiants en comprennent l'enjeu et la nécessité.

Le nombre de nos étudiants continue à augmenter. Nous n'avons pas encore les statistiques définitives, mais le chiffre pour 1985-1986 devrait se situer vers 2200. S'il est difficile de prévoir avec exactitude comment ces chiffres évolueront dans les quatre prochaines années, il est plus que probable que le nombre de nos étudiants ne s'accroîtra guère au-delà

de 2400. La croissance démographique peut même laisser prévoir une légère diminution au cours des années nonante. Nous devrons donc nous préoccuper de cette situation et serons peut-être amenés à mener une politique de promotion pour maintenir nos effectifs. A cet égard, nous ne saurions passer sous silence un phénomène qui nous inquiète: celui de la diminution du nombre de nos étudiants étrangers, qui est passé de plus de 20% à quelque 15%. La diversité culturelle, l'enrichissement et l'enthousiasme qu'ils nous apportent doivent nous inciter à faire l'analyse des causes de cette diminution et des moyens qui pourraient être mis en oeuvre pour y remédier.

La diminution du nombre des étudiants traditionnels sera vraisemblablement en partie compensée par les demandes toujours plus fréquentes dans le domaine du recyclage et de la formation permanente. La Commission de planification de la Conférence universitaire suisse a d'ailleurs demandé à chaque université et haute école de mener une étude spéciale sur cette question. Notre université offre déjà un certain nombre de programmes de recyclage et de formation permanente. Il lui appartient maintenant d'envisager de manière plus globale comment l'organiser et à qui elle doit être destinée. Nous attendons avec intérêt les réflexions et propositions de nos facultés dans ce domaine.

li n'est plus besoin aujourd'hui d'insister sur le rôle important qui est dévolu à la recherche dans l'Université. Sans recherche, il n'y a plus d'université. C'est pourquoi je voudrais insister ici sur l'importance des liens qui doivent exister entre l'enseignement et la recherche. La qualité de la recherche dépend de la qualité de l'enseignement et inversement. Il est donc primordial que soit établi un équilibre entre les deux domaines. Si nous négligeons en effet cet équilibre, nous courons un double risque: celui de voir certains professeurs, en raison de l'accroissement de leur tâche d'enseignement, ne plus trouver le temps nécessaire à la recherche et celui, inverse, de voir d'autres professeurs tenter de négliger leur tâche d'enseignement pour ne se consacrer qu'à la recherche. Le danger est donc réel aujourd'hui de voir se déplacer la recherche vers des institutions particulières et de voir se transformer les universités en de simples établissements d'enseignement supérieur. Nous nous devons donc d'éviter d'en arriver à cette situation, et c'est pourquoi nous devons oeuvrer pour faire en sorte que nos meilleurs chercheurs puissent devenir nos meilleurs enseignants et que nos meilleurs enseignants soient nos meilleurs chercheurs. La relève scientifique, si préoccupante aujourd'hui et qui deviendra un problème alarmant dans les années nonante si l'on ne s'en préoccupe pas aujourd'hui, en dépend. Nous devrons

donc trouver les moyens d'assurer à nos jeunes chercheurs d'aujourd'hui certaines garanties d'avenir.

La recherche universitaire doit-elle être tournée davantage vers la recherche appliquée? Cette question est souvent posée. Les réponses qu'on lui apporte sont controversées. Nous n'entendons pas ici ouvrir ce débat. Mais, dans ce domaine aussi, il doit être question d'équilibre. On rappellera en effet que la recherche fondamentale est une tâche qui incombe presque exclusivement aux universités et hautes écoles. La recherche fondamentale ne développe pas ses effets immédiatement. Le plus souvent, on en mesure les résultats concrets qu'à moyen ou long terme. On comprend dès lors pourquoi les instituts spécialisés de recherche se tournent davantage vers la recherche appliquée. Des raisons économiques les y contraignent d'ailleurs très souvent. Il convient donc, pour éviter l'un des dangers rappelés tout à l'heure, que les universités insistent sur le rôle essentiel qu'elles jouent dans la recherche fondamentale d'une part et ne négligent pas l'importance de la recherche appliquée d'autre part. L'une des voies de cet équilibre réside dès lors dans l'établissement de liens étroits entre les instituts de recherche appliquée et les instituts universitaires. De tels liens existent chez nous par exemple entre le CSEM, entièrement tourné vers la recherche appliquée et le développement, et notre institut de microtechnique, qui assure l'enseignement et la recherche fondamentale tout en apportant sa contribution à la recherche appliquée.

Il convient enfin d'insister sur le fait que la recherche concerne l'ensemble des activités universitaires et qu'elle n'est pas exclusivement réservée aux sciences exactes. C'est pourquoi nous voudrions souhaiter que nos facultés de sciences morales fassent davantage appel au Fonds national suisse de la recherche scientifique. Nos collègues scientifiques en sont des habitués. Que d'autres se joignent à eux pour assurer cet autre équilibre nécessaire entre la recherche fondamentale dans le domaine des sciences exactes et la recherche fondamentale en sciences humaines.

Si les fonctions d'enseignement et de recherche ont depuis toujours constitué les bases de l'activité universitaire, la fonction de services est plus récente. Elle a permis à l'Université de s'ouvrir vers la cité et d'offrir ses services dans de multiples secteurs. Nous n'en ferons pas ici l'inventaire.

Les efforts consentis dans ce domaine doivent être poursuivis et encouragés. A cet égard, le rapport PUNCH (Promotion Université NeuCHâtel), présenté par M. Häring à la demande du Groupe de liaison Université —Economie et financé conjointement par la Chambre neuchâteloise du commerce et de l'industrie, le Département cantonal de l'économie

publique et l'Université, devrait nous permettre de mener à l'avenir une politique mieux définie. Mais il faudra pour cela que le Groupe de liaison Université —Economie, dont le statut sera prochainement revu, dispose d'un minimum de moyens financiers.

Je ne saurais donc terminer ces quelques réflexions sur l'avenir de notre université sans dire quelques mots du problème clé qu'est celui du financement des activités universitaires.

Le budget global de l'Université de Neuchâtel, dans les trois secteurs mentionnés, s'élève pour l'année 1985 à quelque 42 millions de francs, dont environ 30 millions de charges salariales. Son financement est assuré à raison de 50% par le canton de Neuchâtel, 20% par la Confédération, 7% par les autres cantons suisses, 19% par le FNRS et 4% par des crédits privés. Or, nous ne sommes pas certains du maintien dans les années nonante de cette répartition du financement de nos activités. Nous devons en particulier nous préoccuper des conséquences que pourrait avoir une diminution de la part des pouvoirs publics. Une telle diminution pourrait en effet compromettre nos efforts et rendre aléatoire notre développement.

Notre système suisse de formation fondé sur la gratuité ne devrait pas être remis en question. Et même si les taxes que nous demandons aux étudiants d'autres cantons ou à nos étudiants étrangers ne supportent aucune comparaison avec celles qu'exigent par exemple les universités anglaises ou américaines, nous estimons qu'il convient de ne pas les accroître. Nous pensons en revanche que celles et ceux qui ont bénéficié d'une formation universitaire devraient davantage se soucier de l'avenir de l'institution à laquelle ils ont appartenu.

On connaît le soutien déterminant qu'apportent aux Etats-Unis les anciens étudiants à leur institution. Il s'agit certes là d'une tradition qui n'est pas nôtre et que nous ne saurions instaurer sans autre dans notre pays. Mais nos anciens étudiants ne devraient-ils pas être nos meilleurs supporters et, au fond, pourquoi l'Université de Neuchâtel n'aurait-elle pas elle aussi son Club des 200?

Or, et malgré les efforts répétés et méritoires que déploie la Société académique dans ce sens, il est souvent difficile de maintenir le contact avec nos anciens étudiants. Nous voudrions donc pouvoir garder des liens étroits avec eux. Non pas, bien entendu, uniquement dans le but d'espérer leur soutien financier, mais bien davantage parce qu'ils peuvent mieux que quiconque nous dire ce que l'Université leur a apporté, ce qu'elle aurait pu leur apporter et ce qu'elle devrait apporter aux étudiants d'aujourd'hui.

Nous souhaitons pouvoir oeuvrer dans ce sens et espérons que la célébration l'année prochaine du centenaire du bâtiment de l'avenue du 1er-Mars 26 nous en donnera une première occasion.

Je vous remercie de votre attention.

J. Guinand